1754-1760
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d’affranchissement des taillables, il approuvaitun mémoire, sur les dangers de l’édit, où lesénateur Jacques Salteur, se séparant quelquepeu des traditions de sa compagnie, écrivait :
Le peuple ne juge que par ses impressions dumoment, et quel fond peut-on faire sur une soumissionqui n’a point d’autre base qu’une opinion reçue ? Lasoumission n’a d’autres principes que la connaissanceréfléchie de ses devoirs ou l’habitude. L’une est le fruitd’une éducation suivie, on ne peut l’exiger de l’igno-rance du peuple ; l’autre requiert un exercice continuelde dépendance; il produit cet état qui, entraînant l’es-prit dans un cercle uniforme de sensations égales, attachemoins à celui dans lequel on vit qu’il ne laisse ignorerqu’il en soit d’autres. Tel est le caractère de la sou-mission du peuple . 1 d
Charles-Emmanuel III se proposait, à l’inté-rieur, de symétriser l’administration, de ma-nière à ne rien céder à l’imprévu et à supprimertout ce qui troublait l’ordre public; au dehors,de rester maître de la situation par une neu-tralité indiscutée. Calculant qu’il est parfoismalaisé de ne point se quereller avec ses voisins,il chercha dans le roi d’Angleterre un allié per-manent et ne conserva avec les Cours de Ver-sailles et de Vienne que des rapports de cour-toisie, garantis par des facilités commercialesréciproques et des frontières bien définies.
Répétant le mot du duc de Lorraine % il tintle clergé à l’écart des affaires publiques et, roi
’ A. TURIN. Edits d'affranch. (Corresp. de 1759 à 1771).
2 Un des princes les plus pieux du XVII 8 siècle, le ducCharles IV de Lorraine (1675-1690), écrivait dans son Testa-ment politique destiné à i'instruclion des princes de la familleimpériale : Il n’est pas à propos d'introduire la moinerie dansles conseils, c'est un genre d’hommes qui n'a jamais fait bien