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Tome troisième.
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1760-1770

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succès que Fénelon avec le duc de Bourgogne.

Rien ne déconsidère plus une institution queson apparente torpeur ; l’inaction forcée du Sé-nat 1 lui fut reprochée à l’égal d’une désertion,et la Savoie, comme si elle eût soudain man-qué d’un point d’appui, se laissa glisser surla pente rapide qui mène du découragement àl’ennui, de l’ennui à l’inquiétude, et de l’in-quiétude à la désaffection. Un résumé rapidede l’histoire de la commune de Montmélian,de 1719 à 1775, sera la preuve de cet abais-sement de l’esprit public devant la prépotencedes intendants piémontais.

« En 1719, les demoiselles de Charrière placent unbanc dans l’église paroissiale de Montmélian, en avantde celui des syndics ; on le déplace ; elles mettent deschaises en les appuyant sur le banc de la ville ; on lesécarte; elles s’obstinent, vu leur qualité de nobles. Leconseil de ville délibère de soutenir ses droits, consacreplusieurs séances à ce débat, puéril en apparence maisqui, à cette époque, engageait l’amour-propre de touteune population. La querelle se perpétue pendant neufans. Le 2 février 1728, le comte de Saint-Georges, pre-mier président du Sénat et commandant en Savoie,intervient et se fait rendre compte de cette obstinationdes bourgeois de Montmélian à gêner les fidèles. Le 4février, une délibération du conseil rappelle les faits etoffre aux demoiselles de Charrière de leur laisser mettreun banc, partout ailleurs que devant celui de la ville, àcondition qu’elles financeront ce qui est dû, car l’églisea besoin d’argent et l’on en cherche les occasions, si mal-plaisantes qu’elles soient 2 . Cinquante ans plus tard, la

1 Les deux derniers présidents savoyens du Sénat, ClaudeAstesan (1749 à 1764), et Jacques Salteur (1764 à 1790), ne man-quèrent cependant ni d’énergie ni de patriotisme.

* Arch. municipales de Montmélian. — Registre des délibé-rations, du 16 mars 1727 au 30 juin 1744, folio 23.