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Tome troisième.
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1775-1782

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simples avant de lui imposer utilement, pardécret, des institutions libérales. Il faut ouvrirles écoles et replacer Dieu sur l’autel avant dejeter en pâture aux tribuns de la rue ces devoirspublics qu’on s’obstine à appeler des droits. Al’époque dont nous parlons, on lisait Diderotplus que Racine, et la prose incisive de Beau-marchais, les dernières lettres de Voltaire, lebon sens railleur de Franklin étaient devenusY Evangile du jour. Le raffinement philosophi-que étalait ses paradoxes ; le train de vie ra-tionnel permettait tous les écarts sous prétextede retour à la nature, et le siècle semblait semodeler sur Julie d’Etanges écrivant : Avec dusentiment et des lumières j’ai voulu me gouver-ner, et je me suis mal conduite.

LouisXV était mort en 1774 et, avec Louis X VI,une jeunesse enthousiaste sortait de l’ombrepour aider Turgot, Necker, Malesherbes, dansleurs généreux essais ; le mot de progrès reten-tissait pour la première fois sous les voûtes dela Sorbonne. La grâce, les vertus de la reineeffaçaient les souillures de Versailles et deMeudon ; la noblesse se vengeait des défail-lances de 1763 en équipant des navires pourla cause américaine ; il semblait qu’un soufflede patriotisme et de liberté passionnât la vieilleEurope. Hélas! combien de journées sereines,étincelantes, n’avons-nous pas vu s’éteindreainsi sous de subites nuées d’orage !

En Piémont, Victor-Amédée III, devenu roien même temps que Louis XVI, politiquementinféodé à la Maison d’Autriche, ne se laissaitpoint aller aux illusions des financiers genevoisou des écrivains français, et obéissait, par piétésincère, aux inspirations d’une société célèbre.