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Tome troisième.
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1775-1782

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(1778), y constate pendant sept ans la présenced’un seul moine; ces abus, et les requêtes cha-que jour plus nombreuses de religieuses et demoines sollicitant leur sécularisation ou faisanthomologuer les rescrits de Rome qui autori-saient leur sortie du cloître,amenaient les meil-leurs esprits de Savoie à réclamer la mise enpratique, dans le duché, des édits français de1771, qui reculaient l’âge de la profession, pourles hommes, de 16 ans à 21 ans,et supprimaientd’office les communautés qui comptaient moinsde vingt membres effectifs. Joseph de Maistrenous donne le ton exact de la situation : des po-pulations paisibles, qu’effleurait à peine l’effer-vescence des esprits éclairés, mais qu’on sen-tait toutes prêtes à prendre feu :

« Il n’y avait pas d’ambition dans le peuple, dit-il ;on ne trouvait d’écoles gratuites que celles qui prépa-raient à la prêtrise ; l’ordre des parents y était la loivivante ; les conseils de la mère de iamille restaient fortécoutés; les brouillons quittaient le pays. — Qu’est-cequ’une nation? ajoutait-il; c’est le souverain et l’aris-tocratie. ' »

Puis, se contredisant, il avouait que, malgréles mesures d’étouffement moral, prises par lecabinet de Turin, le peuple marchait à grandspas vers l’égalité civile; magistrat, il parlait àtitre officiel, au sein du Sénat : Des dévastationsdu moyen-âge, de la féroce indépendance desnobles, de l’influence illimitée du clergé dans cesépoques ignorantes 2 . Telle était la Savoie de

' Mémoires politiques, publiés par Albert Blanc en 1858.

1 Conclusions de Joseph de Maistre, substitut-avocat-fiscalde 1774 à 1787.