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Tome troisième.
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1782-1790

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«. Nous nous étions environnés volontairement, ditun témoin oculaire 1 , de toutes les difficultés qu’entraînel’inexpérience, uniquement pour avoir le plaisir de lesvaincre. Nous nous étions promis à nous-mêmes que leballon seroit construit, lancé et monté par des citoyens ;nous refusâmes expressément le secours de quelquesétrangers ; parmi les ouvriers, les artistes et les ama-teurs qui ont coopéré à l’entreprise, nul n’avait vu lan-cer un ballon portant des hommes. Notre bouillantejeunesse offrait autant de voyageurs que de têtes, etc. »

Les événements de Grenoble vinrent bientôtremuer les esprits et donner un corps aux aspi-rations mal définies des populations. Le 7 juin1788, la journée des tuiles lit passer sur la ré-gion des Alpes comme un frisson de révolte.Vers le soir, la victoire du peuple se traduisitpar le branle à toute volée, bondissant, délirant,des cloches joyeuses. Fait étrange, que les ré-cits des vieillards attestent et dont la mentionse retrouve sur les registres de plusieurs pa-roisses, cette contagion du succès se répanditde village en village comme une traînée depoudre et franchit la frontière; on sonna la joiede clocher en clocher jusqu’aux sources del’Isère et de l’Arc, pour redescendre par Flu-met dans la vallée de l’Arve, et, le 8 juin, les

1 Lettre de M. de S . au comte de C. — Chambéry. Gorrin,imprimeur. 8 mai 1784. Plaquette de 19 pages in-1'2. (Biblioth.du docteur Dénarié.) — Ce fut une fête aristocratique ; la com-tesse de Cevin, la baronne de Montailleur, M me de Morand,le chevalier de Chevelu, le marquis d’Yenne, le comte de Saint-Gilles, etc., en firent les frais, ainsi que d’autres souscripteurspris dans la noblesse et le Sénat. Un seul mot du récit fait allu-sion aux dissidences poliliques et à l’état de l’opinion : « Onentra en ville couronnés de rubans et de feuillages, au bruit destambours et des instruments ; on parla beaucoup de laurier;mais j’observai que les voyageurs y réptignoient ; ils en trou-veront ailleurs. »