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1798-1793
culte et l’indépendance des prêtres. Jusque-là,ce qui se passait dans les provinces voisines 1n’avait point inquiété la Savoie, car elle comptaitsur la parole de la France ; lorsqu’on imposaà ses prêtres le serment civique :
« Je jure de veiller avec soin sur les fidèles de maparoisse, de maintenir la liberté et l’égalité ou de mouriren les défendant ! v
Us crurent pouvoir y ajouter la formule : entout ce qui est de l’ordre politique, ce qui ré-servait les droits de la conscience. On l’exigeapur et simple. La Constitution civile du clergésemblait avoir pour but principal de relever lescurés et les obscurs prêtres des paroisses rura-les en les émancipant, en les haussant jusqu’auximmunités des prélats. Nos prêtres ne se lais-sèrent pas séduire à cet appât moral ; ils refu-sèrent d’asservir leur dignité et de devenir, auspirituel, de simples agents de la société civile.J^’état de l’opinion dans les Alpes, de 1792 à1801 se ressent tellement de l’émotion produitepar les événements qui se passaient en Europe,qu’il ne faut point, pour en saisir les véritables
1 La Franche-Comté fut l’an des pays où, sans aller jusqu’àla guerre civile, la résistance légale et la lutte passive furentles plus vives. A Besançon, sur 72 prêtres astreints au serment,64 le refusèrent; dans le département du Doubs, 384 sur 490s’exilèrent ou furent déportés ; 20 ecclésiastiques seulement semarièrent. Le clergé régulier n’imita point cet exemple ; 79 re-ligieux seulement sur 266 restèrent fidèles à leurs vœux ; parcontre, 358 religieuses sur 377 refusèrent de sortir de leurscouvents jusqu’à ce qu’elles en fussent expulsées. (Jules Sau-zay. Hist. de la persécution révolutionnaire dans le départe-ment du Doubs, de 1789 à 1801. — Besançon. 1867.) Le Dau-phiné, beaucoup plus remué par les idées révolutionnaires,donne cependant des proportions à peu près semblables. Voir,au même titre, YHist. de la Révolution dans le département duHaut-Rhin, par Véron Révilie.