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Tome troisième.
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1804-1812

écrivains les plus originaux se prirent de goûtpour les manuscrits dont on dédaignait jusque-là le style négligé, les idées vieillies, et dontsoudain le charme apparut.

Hors de l’Empire, deux hommes remarqua-bles étaient dignes de représenter le génie de laSavoie : le marquis Costa, le comte de Maistre.Le marquis Joseph Costa, officier distingué,diplomate loyal, fit preuve, au service du roi deSardaigne (1792 à 1799), de rares talents mili-taires et d’une dignité modeste qui conquit l’es-time de Bonaparte ; de 1800 à 1815, désintéresséde la politique, il se livra à des études histori-ques où la justesse des aperçus ne le cédaitpoint à la franchise de l’honnête homme, etqui, pour la première fois, donnèrent à l’his-toire de Savoie son véritable caractère.

Le comte Joseph de Maistre est l’avocat dudroit divin; il met un magnifique langage auservice de la plus noble des causes, celle del’autorité légitime. Mais, comme tous les avo-cats, il a trop de mépris pour ses adversaires,et, entraîné par l’inflexible logique de ses dé-ductions, il oublie que le peuple aussi a sesdroits, que rien n’est légitime que par l’assen-timent universel, et que Dieu donna la libertéà l’homme avant que l’homme ne se donnâtdes rois. Dans ses écrits, il fut paradoxal autantque hardi; il n’est jamais plus éloquent quelorsqu’il se contredit lui-même; on ne peutl’admirer ni le critiquer à demi. Dans sesactes, l’unité de sa vie ne souffrit jamais ducaprice de son opinion; il est absolu, opiniâtre,intraitable, mais tous les défauts du publicistese changent en qualités chez l’homme privé :dignité, constance et fierté. Courtisan du mal-