1813-1814
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livrant la Lombardie aux dépens de l’Autriche,ou en lui abandonnant ce versant français desAlpes que la jalousie de l’Angleterre considéraitcomme inféodé au cabinet devienne du jour oùil serait revenu aux mains des rois de Sardai-gne. On imagina le démembrement de la Sa-voie ; Genève en fut distraite et rattachée à lafédération helvétique; à titre de compensation,renouvelée des projets d’équilibre du XVII 1 'siècle, on livra Gênes au Piémont; puis, laSavoie fut coupée en deux par une frontièreabsurde qui laissait au roi de France les troisprincipales villes, Chambéry, Rumilly, Annecy,et réservait au roi de Sardaigne la vallée del’Isère et toutes les positions militaires desAlpes occidentales,' depuis Chamoux jusqu’àCollonges. Tel fut le secret des §§ 7 et 8 del’art. III du traité du 30 mai 1814 : reconstituerle Piémont sans le rendre trop fort et créerentre lui et la France un motif permanent d’an-tagonisme et d’irritation. L’énoncé de la lignefrontière prouvera que l’on avait réussi. Elles’appuyait, sur le cours du Rhône, à Chancy, etse dirigeait sur Chambéry, en renfermant dansle territoire français Saint-Julien, R.eignier, Ar-busigny, Annecy, Faverges, le Chàtelard, maisen côtoyant les cantons de Bonneville, La Ro-che, Thorens,Thônes, Ugines, L’Hôpital, Saint-Pierre d’Albigny, Montmélian, La Rochette,qui restaient au Piémont avec toutes les valléesdes Alpes, et se terminait entre Apremont etChapareillan, à neuf kilomètres de Chambéry 1 .
1 Les deux départements comptaient, en 1814, une populationde 475,010 habitants ; 55,000 âmes étaient restituées au cantonde Genève et à l’arrondissement de Gex ; sur les 420,000 attri-buées à la Savoie, 190,059 restaient dans les limites françaises.