1814-1815
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Autrichiens de molester les braves habitants deL’Hôpital, et les Français se retirent, en bonordre, avec leurs blessés, par la route de Fa-verges. Cette rude journée était inutile; on lataxa de folie; folie héroïque. Comme le coupd’audace et de désespoir d’Exelmans à Versail-les, comme le siège de Longwy, comme la dé-fense de Huningue, le combat de L’Hôpital restevivant dans la mémoire des hommes, dans lesannales du pays. De Conllans à Grenoble, d’U-gines à Genève, ce récit légendaire occupe sou-vent les veillées d’hiver ; le peuple en est fier ;quand il en évoque le souvenir, on croit enten-dre battre le rappel pour le salut de la patrie.
Le baron de Bubna, occupant les cols dedroite et de gauche à mesure qu’il avançait enMaurienne, arrive le 28 juin à La Chambre ; legénéral Curial lui dispute le passage du pontd’Argentine, puis se replie sur Montmélian. Lemaréchal Suchet, fort indécis, ne recevant deParis que des nouvelles contradictoires, essaiede gagner du temps par des sursis et des entre-vues à Planaise, à Montmélian, ne réussit qu’àjeter de l’équivoque sur sa conduite, ne com-bine ni l’attaque ni la défense, entraînant danssa triste inertie une armée peu nombreuse,mais irritée des fautes commises, prête à toutoser pour venger la honte de l’invasion, et quela population aurait partout secondée avec lamême ardeur qu’à Conflans. Il évacue précipi-tamment Chambéry 1 et se retranche dans lemassif de la Chartreuse et dans le Petit-P>ugeydont il ne sait même pas éclairer les approches
1 Le 3 juillet. — Au mois de décembre, le gouvernementroyal, officiellement rétabli, confia au marquis d’Oncieu le postede syndic; M. d’Oncieu refusa noblement. On nomma M.deButtet.