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Tome troisième.
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1814-1815

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se sont réunis pour en penser et en parler désavanta-geusement. Le célèbre duc de Choiseul disait trèsplaisamment : Si vous voyez un Genevois se jeter parla fenêtre, jetez-vous hardiment après lui, et soyez sûrqu’il y a quinze pour cent à gagner. Dans la Décadephilosophique (1798, n° 22), on appelle Genève un foyerde discordes civiles, une arène dans laquelle ses propreshabitants se dévorent les uns les autres; un révolution-naire de 1795 lui reprochait l’insatiable avidité de sesinfatigables citoyens. Un magistrat français, aujourd’huiministre, M. le comte Ferrand, l’appelle, avec uneépouvantable énergie, une pustule politique (dans lelivre sur le Rétablissement de la monarchie). Mais rienn’égale la perspicacité d’un pape du seizième siècle quiécrivait aux rois de France et d’Espagne : Prenez-gardeà vous ! Genève est un foyer éternel de révolutions ; sivous voulez être tranquilles, éteignez son gouverne-ment. C’est ainsi que le raconte Scarpi dans sonHistoire du Concile de Trente. »

Malgré les efforts du Piémont, le second Con-grès de Paris donna Versoix et Saint-Julien àla Suisse , créa autour de Genève une largezone affranchie des douanes, et engloba dansla neutralité helvétique tout le territoire dela Savoie compris au nord d’une ligne droite àtirer d’Ugines au Rhône en passant par Les-cheraines et Le Bourget. Le traité de Turin(16 mars 1816) compléta cet accord, quantaux relations particulières de Genève avec leChablais, par l’échange de Saint-Julien contreles paroisses qui séparaient la République deson enclave de Jussy.