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1816-1817
de faim aux portes des villes. Les ministres,redoutant ce lléau pour le Piémont, avaient in-terdit la sortie du riz et des grains qui, entemps ordinaire, comblaient le déficit des ré-coltes de Savoie ; le Sénat, employant les mesu-res extrêmes qu’on reproche aux périodes ré-volutionnaires, avait, de son côté, défendu lecommerce des grains ; on accusait des spécula-teurs d’accaparer les.blés; à Chambéry, le peu-ple menaça le grand séminaire où iï y avait,prétendait-on, des amas de grains ; l’évêqueprotesta contre cet outrage 1 2 ; cependant lesyndic, M. de La Serraz, pour calmer l’émotion,réussit à se faire livrer les deux tiers des pro-visions du séminaire, qu’on vendit au public àun taux modéré. En novembre 1816, le Sénatordonne à tout chef de famille, sous peine desaisie et de prison, de déclarer en poids et na-ture ce qu’il possède de grains et de remettreaux administrations des paroisses ce qui excèdeles besoins de sa famille. En décembre, le roidécrète un emprunt, par voie de souscriptionpublique, de six millions destinés à l’achat degrains à l’étranger et à des travaux publics ;2,478 personnes furent employées, pendantsept mois, aux digues de l’Isère et à la route deChamousset à Conflans ; ces transports de terredans un pays malsain amenèrent des fièvresqui firent périr un tiers de ces malheureux.Dans chaque ville on créa des commissions desubsistances chargées de fournir aux affamésdu pain dont la dépense devait être couvertepar la charité privée ou par l’Etat - ; ces pallia-
1 Lettre épiscopale du % août 1816 (Journal officiel de 1816).
2 Je dois citer le nom des citoyens dévoués qui présidèrentles commissions de secours : MM. de La Serraz ot de Boigne