1823-1856
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de retraite, héritèrent des pouvoirs discrétion-naires du Buon Governo. La réaction emprun-tait ces mesures exceptionnelles aux lois révo-lutionnaires qu’elle avait le plus blâmées. Ellesétaient violentes dans leur principe; exécutéesloin des ministres qui les avaient conçues, dansune région inférieure, où les passions moinséclairées étaient plus brutales, avec la rudessede gens qui se croyaient en pays conquis etappliquaient inintelligemment à toutes les par-ticularités de la vie civile l’inflexibilité de laconsigne militaire ; ces mesures devenaientencore dans la pratique plus violentes, plus bles-santes. Il faut ajouter cependant, à la déchargede ces agents, que, maîtres de faire beaucoupde mal, ils s’attirèrent, en Savoie, plus de rail-leries que de haines. L’institution n’en était pasmoins odieuse ; ce ressort unique de l’intimida-tion militaire dont on abusait dans les menusdétails de la police locale comme dans les com-plications d’ordre public, ce pouvoir discré-tionnaire livré à des soldats étrangers dont lesrevanches étaient aussi redoutées que le caprice,rendaient le séjour de la Savoie intolérable pourquiconque avait le sentiment de l’honneur dupays, de la dignité du citoyen. Quels que fus-sent les ménagements habituels des comman-dants de place, plus vaniteux que méchants, ilsn’en possédaient pas moins une arme terribleet le droit d’en abuser. C’était l’état de siègeen permanence, et cela dura trente-deux ans !
L’année 1823 fut signalée par la reprise destravaux publics, abandonnés depuis la chute dugouvernement impérial ; en janvier, commen-cent les études pour le diguement de l’Isère,mal conçues dans les essais hâtifs de 1817 ; en