1857-1830
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d’Alexandry prononce un discours, fort applau-di, sur le dévouement et la fidélité que la magis-trature doit au prince. Il y insinue doucementque la perpétuité des traditions est la meilleuregarantie des peuples contre les surprise desprinces ; mais il y déclare aussi qu’un magistratest assez indépendant dès qu’il est fidèle.
Depuis la Restauration, et surtout de 1825 à1830, l’unique journal de la Savoie, rédigé parun homme de goût, mais soumis à la censuredu gouverneur, était maintenu par les opinionsroyalistes de M. Raymond dans une voie fortétroite. Il évitait la politique, se bornant à l’in-sertion des actes officiels, flétrissait avec véhé-mence les manœuvres des sociétés secrètes,ouvrait ses colonnes aux lettres des abbés, auxsermons des missionnaires, aux anecdotes édi-fiantes, mais n’abordait que rarement 1 la librecritique des événements ou des hommes ; c’étaitune édition hebdomadaire des annales de laPropagation de la Foi, plutôt que l’organe d’unparti ou le guide de l’opinion publique.
Le pape Léon XII instituait, en quelquesorte, dans l’Europe catholique, un jubilé per-pétuel. En Savoie, les missions se succédaient,à de courts intervalles, depuis trois ans; pointde paroisses qui n’eût eu ses plantations decroix, ses processions; qui ne possédât sa con-frérie de pénitents ; où l’homme suspect de tié-deur, accusé de libéralisme, ne fût montré audoigt. Les Jésuites, les Capucins, et les Frères
1 En 1818 et 1819, il publia les lettres de l’ermite de Saint-Saturnin, satire spirituelle des travers et des choses du temps,qui rappellent quelquefois le badinage ému de Xavier deMaistre, l’auteur des lettres de l’ermite du Nivolet qui firent,en 1784, les délices de la Savoie lettrée.