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1830-1834
reprochait en France, sept ans plus tôt, àCharles X. La Congrégation était toute-puis-sante ; rien ne se faisait que par l’influence oc-culte et sous le pesant et mystérieux contrôledu clergé. Le trône n’était plus seulementadossé à l’autel, comme avait dit M. de Villa-marina, il en était devenu le marchepied. Il n’yavait pas, en Savoie, de comte de Montlosierpour dénoncer les abus de cet invisible pouvoir;d’ailleurs, rétablissement des Jésuites y étaitlégal depuis 1823, et à qui confier sa plainte?Au roi? 11 était d’autant plus enchaîné au clergéqu’il avait plus tristement déserté ses complicesde 1821. Au Parlement? Il n’existait pas. AuSénat? Il se donnait pour seule mission de ré-diger des sentences de mort contre les écerve-lés politiques ou de porter, en se prélassant, ledais des processions. A la presse? Elle étaitmuselée. A l’opinion? Elle flottait incertaineentre les horreurs qu’on lui débitait des libé-raux et le dégoût que lui inspirait l’hypocrisiele l’oppression 1 . C’est un grand embarras pourun gouvernement de sortir d’une insurrection.Compromis auprès des libéraux, exploité parla Congrégation, Charles-Albert vivait entredeux périls et trébuchait, l’àme navrée, de sesinstincts révolutionnaires à ses obligations deroi absolu.
On accusait, à Rome, de tiédeur et de libé-ralisme les prêtres de Savoie; on les fit sur-veiller de fort près par les prêtres de la Pro-pagande, les Dominicains et surtout les Jésuites
1 Comme type du régime municipal de cette époque, il fautlire le règlement de police de la ville d’Yenne, délibéré le lf rjuillet 1832 sur la proposition du comte de Cordon, syndic, etconsidéré comme l’nn des plus libéraux.