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Tome troisième.
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1835-1838

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leur langage : Mà, per la ragione / La justessede cette réponse trouvait une démonstrationnouvelle dans les événements de 1834. La Sa-voie, enveloppée par les clameurs de l’émeute,à deux pas des insurrections de Lyon (9 au 13avril), de Grenoble et de Vienne; sollicitée parses propres enfants, exilés ou émigrés; voyantl’Europe entière livrée à la guerre civile, depuisles Romagnes, le Modenais, l’Espagne, le Por-tugal, jusqu’aux grandes cités anglaises, laSavoie ne protesta que par son silence ; Charles-Albert comprit enfin l’éloquence de ces repro-ches muets et se hâta de donner à l’opinionde réelles satisfactions. Les services adminis-tratifs devinrent l’objet d’améliorations impor-tantes; le Duché eut deux intendants généraux,l’un à Chambéry, l’autre à Annecy, ce qui per-mit une plus prompte expédition des affaires.Les routes réparées, les rivières endiguées, lescultures exceptionnelles subventionnées, necoûtèrent à la population que des impôts dontla moyenne ne dépassait guère douze francs paran et par tête. La ville de Conflans, réunie aubourg de L’Hôpital, prend le nom d’Albertville(Patentes du 19 décembre 1835); des fabriques,des usines s’élèvent en Chablais et en Mau-rienne ; le gouvernement se relâche des ri-gueurs de 1831 et tolère certaines manifesta-tions de la pensée que Charles-Félix eût puniesde l’exil ou des galères. Cependant, la voienouvelle où semblait entrer le cabinet de Turin,voie que lui indiquait l’état politique de l’Italie,ne rassurait et ne persuadait qu’à demi lesprovinces de langue française. On s’était habi-tué à certains abus, on craignit de payer d’uneabsorption, plus complète encore du pays par