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1847-1848
et l’étendue de ces concessions ; le 4 novembre,jour de la fête du roi, d’universelles et enthou-siastes manifestations, aussi spontanées qu’una-nimes, couvrirent de feux les montagnes ; An-necy, Thonon, Bonneville, Cluses, Albertville,illuminèrent trois jours de suite. La presse fitécho :
« Naturellement réservé, rétléchi et peu enthousiaste,l’habitant de nos contrées se distingue par un attache-ment profond et sincère aux principes d’ordre et demorale ; il ne veut pas détruire pour régénérer ; mais ilattend tout du temps et de l’expérience. Aussi la Savoie,tranquille à l’ombre d’un trône auquel elle était liée parune affection de huit siècles, restait simple spectatricedes agitations dont le bruit venait jusqu’à elle sansl’émouvoir. Ce cri de joie qui retentit aujourd’hui detoutes parts, cet élan spontané qui émeut nos popula-tions naguère si calmes, ne sont donc point une explo-sion de surprise à la vue d’un bonheur inattendu, carle passé nous avait appris à compter sur l’avenir; c’estl’accent naïf de la plus sincère reconnaissance. ’ »
Les libéraux, après le premier entraînement,firent toutefois remarquer certaines dissonnan-ces que la réaction avait introduites dans l’éco-nomie des lois organiques. Qu’était-ce qu’uneliberté de la presse, disaient-ils, faisant dépen-dre l’impression d’un manuscrit du visa de lat censure? Les quatre évêques de Savoie pro--, testaient aussi contre cet examen préventif quij rendait un laïc juge de leurs lettres épiscopales.
J Les ministériels eux-mêmes répétaient le mot\ piquant du comte Avet : Il faut savoir mettre■ de la sobriété jusque dans la sagesse, et les ra-: dicaux allaient disant partout : Ces réformes
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