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Tome troisième.
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1848

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à vingt ans de distance, si l’on ne connaissaitaujourd’hui le jeu qu’essayaient alors les chefsde la Révolution, tout s’accordait pour solliciterles habitants de la Savoie à manifester des opi-nions hostiles au Piémont. Chambéry devint lecentre de ces intrigues, car les actes qui sortentde la règle commune émanent toujours de lacapitale, et s’imposent à l’obéissance des pro-vinces, au Caput mortuum des campagnes. Lesesprits clairvoyants crurent apercevoir dansl’imbroglio italien le secret de ces manoeuvres ;mais l’agitation se communiquait rapidementaux paysans, accoutumés à recevoir l’impulsiondes villes; et l’idée annexioniste, d’abord assou-pie, improbable, factieuse, devint en moins dehuit jours le point d’appui d’opinions sincèresou de rancunes secrètes.

Les Savoyens de Paris font auprès du gou-vernement provisoire une démarche qui parutindiscrète ; à Chambéry, l’ordre fut troublé le13 mars par des chants séditieux et le 25 parune attaque brutale contre le rédacteur duCourrier des Alpes. Ces maladresses apparen-tes étaient calculées. Le 30 mars 1 , les troupesqui formaient la garnison de Chambéry partentpour l’Italie. Le 31, les syndics, MM. de Quineyet Rey, font afficher une proclamation qui dé-chirait tous les voiles :

« La ville est sans troupes régulières. Des rumeursnous disent qu’un grand nombre d’ouvriers quittent lesvilles de France les plus voisines de nos frontières ets’avancent au milieu de nous. Ce sont, nous le croyons;

1 Le jour même où les nombreux ouvriers originaires de laSavoie qui ne trouvaient plus de travail à Lyon se mettaient enmarche, aux acclamations d’nne foule immense, pour rentreidans leur pays natal. (Papiers publics J