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Tome troisième.
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1848

çant la formation de l’armée des Alpes pourréparer les torts anciens subis par la France etl’appelant aux soldats les sympathies que leursdevanciers trouvèrent en 1792 au delà de lafrontière, et la réponse faite par les consulssardes aux émigrants qui réclamaient le visades passeports : La Savoie ne nous regarde plus.Après le sanglant malentendu du 4 avril, ondésavoua tout. M. Bixio, chargé d’affaires deFrance à Turin, écrivit à M. de Lamartine, mi-nistre des affaires étrangères, une dépêchequ’on publiait en même temps à Paris et àChambéry :

« Un courrier arrivé à Turin dans la journée d’hiera annoncé que les colonnes insurrectionnelles, que jevous ai signalées dans une dépêche du 1 er avril, ontpénétré en Savoie. A leur approche, les autorités sardesont quitté Chambéry pour se retirer à Aiguebelle. Ungouvernement provisoire a été proclamé, et son premieracte a été de déclarer que le pays entier allait être con-sulté sur la forme de gouvernement à adopter. Cettenouvelle cause ici une impression des plus pénibles.L’opinion publique est blessée de voir la Savoie profiterdes embarras que donne la guerre contre V Autriche pourse détacher de la monarchie sarde. Mais c’est surtoutcontre la France que le déchaînement est général. »

M. Arago protesta contre le dessein que l’onprêtait à l’armée des Alpes et fit imprimer, le 6avril, les instructions ministérielles donnantl’ordre d’arrêter les colonnes qui partiraient deLyon ou de Grenoble. Le 25 avril, un décretroyal d’amnistie effaça tout vestige apparent decette malheureuse affaire.

La guerre de l’indépendance était commencéeen Italie ; les élections avaient eu lieu, en Sa-voie, le 27 avril, et, dans la première séance du