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Tome troisième.
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1850

çaient derrière l’intérêt public. On représentaithumblement que les dames de la Visitationétaient un institut national, que ce serait insul-ter aux vertus de saint François de Sales quede supprimer cette œuvre dont la Savoie avaitdoté Fu.nivers chrétien ; que les dames duSacré-Cœur dirigeaient leur pensionnai defdles à l’abri d’un asile pour les sourdes-muettes de la province ; que les sœurs de Saint-Joseph et les frères de la Doctrine chrétiennedonnaient à des milliers d’enfants l’instructiongratuite. Aux pétitions succédèrent les adressesdu clergé et des lettres énumérant les pertesmorales que la Savoie allait subir; chaque jour,pendant des mois, l’organe du parti réveilla dela sorte l’attention publique et provoqua uneagitation patriotique qui se compliquait de lasincérité des uns, du naturel frondeur desautres et de la mauvaise humeur des contribua-bles exaspérés d’un surcroît imprévu d’impôts.

Les lois Siccardi, qui décrétaient la suppres-sion du for et des immunités ecclésiastiques,c’est-à-dire l’assujettissement du clergé audroit commun’, la réduction du nombre desfêtes légales, l’abolition du droit d’asile deséglises, furent l’occasion de la rupture écla-tante du clergé et du gouvernement. C’étaitmoins la question de fait qui était en jeu que laquestion de principe ; on ne tolérait pas que leroi consentît à se passer de l’aveu du Saint-Siège et réglât d’aussi graves intérêts par une

' La tonsure suffisait pour faire jouir le premier venu duprivilège du for ecclésiastique, car elle donnait entrée dans lacléricature. On pouvait être tonsuré à 15 ans. On comprend dèslors l’importance de cette juridiction exceptionnelle et des abusoù elle pouvait entraîner.