CHAPITRE XI
LA POLITIQUE DK M. DE CAVOUR
1850 a 1858
Le Parlement (le Turin poursuivait cette tâcheingrate qui consiste à préparer l’avenir aux dé-pens de la génération présente. En naissant àla vie constitutionnelle, le Piémont s’associait àdeux grandes idées, l’unité de la patrie, la ré-forme sociale, et se faisait deux ennemis irré-conciliables^ l’empereur d’Autriche et le pape.L’Autriche voyait avec raison, dans le Statut,le germe de l’indépendance italienne; le Pié-mont, tout meurtri de Novare, était forcé desurseoir à ses desseins politiques ; mais, souspeine de se laisser envahir et absorber par laréaction, il ne pouvait cesser de marcher enavant, sinon à grands pas, au moins lentement.
L’émancipation de la société civile devient,pour un temps, l’œuvre nationale, et la lutte con-tre Rome servit de transition entre la riscossa de1849 et celle de 1859. La rupture du cabinet deTurin avec le Saint-Siège fut un nouveau motifd’écart pour la Savoie ; cet accessoire inévitablede l’idée italienne creusa plus profondémentl’abîme moral qui séparait déjà les deux pays.