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Tome troisième.
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1850 - 18 »»

le ministre Rattazzi prend un parti décisif etprésente la loi de suppression des corporationsreligieuses encore si nombreuses, si riches etsi puissantes sur le revers italien des Alpes.

Le projet décrétait la suppression des ordresmonastiques, sauf ceux voués à l’enseignement,à la prédication et à l’assistance des malades;le séquestre des biens des couvents; la créationd’une Caisse ecclésiastique chargée de l’emploide ces biens pour les frais du culte et, subsi-diairement, pour les besoins de l’Etat. La massede la population savoyenne n’était pas d’hu-meur à se laisser entraîner à la défense de pri-vilèges qui ne l’intéressaient plus et d’établis-sements qui, écroulés sous leur propre poidsavant 1790, balayés par la Révolution, recons-titués à grand’peine sur quelques points depuis1815, ne rendaient que des services restreintset ne possédaient même plus, aux yeux descontemporains, ce prestige et cette grandeurdes vieilles institutions nationales. Pour agiterl’opinion, pour la rendre complice des mouve-ments qu’on méditait et solidaire de la résis-tance, on agit sur elle par les moyens qui latouchaient directement, par les critiques qui luidevaient être les plus sensibles. La loi de 1851,taxant à 5 0/0 d’impôt le revenu net des biensecclésiastiques lorsqu’il dépassait 1,000 livres,n’avait point ému la Savoie ; mais on insista surla nouvelle répartition de l’impôt foncier, sur letarif des douanes, sur l’essai des taxes du mo-bilier ; les critiques, les comparaisons, plusnaturelles au début d’une législation fiscaleonéreuse, ne surgirent cependant qu’après ledépôt du projet de loi sur les couvents. Il estinstructif de suivre, dans les journaux, le pro-