1856-1858
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énormes dépenses. On se plaignait en mêmetemps des entraves que le cabinet de Turinsemblait apporter systématiquement aux rap-ports traditionnels du Val d’Aoste avec la Ta-rentaise *, et de l’escompte de i /2 0/0 et même3/4 0/0 que les banquiers de Turin et de Gênesfaisaient subir aux billets de la Banque deSavoie, lesquels étaient reçus au pair à Gre-noble, Genève et Lyon. Le 13 septembre 1855,le Courrier des Alpes avait, pour la premièrefois, timidement accepté les possibilités d’uneannexion à la France; six mois plus tard, ilfaisait de cette thèse le sujet favori de sesdissertations.
Le 2 janvier 1856, au cours de l’instance in-tentée par les pères de Hautecombe pour êtremaintenus en possession de l’abbaye, les agentsde la Caisse ecclésiastique ouvrent les enchèrespour la mise en ferme des domaines et desbâtiments ; à l’honneur des Savoyens de lavallée de Chambéry qui rappelèrent ainsi lebeau trait des laboureurs d’Evian et de Blonayen 93, nul adjudicataire ne se présenta. Le 19janvier, un arrêt de la Cour donne gain decause aux Carmélites et qualifie d’attentat àl’instance, de mépris des droits de la justice, leprocédé du ministre des finances disposant del’abbaye d’Hautecombe avant toute sentencedes juges. Le 2 février, les dames du Sacré-Cœur sont condamnées, par le tribunal, à
’ La loi du 2 mai 1855 sur le classement des routes natio-nales avait admis l’importance de la route d’Aoste à Moûtierspar Morgex et Bourg-Saint-Maurice, mais n’avait affecté à ceparcours de 116 kilomètres au milieu des hautes Alpes qu’unesubvention dérisoire de 75,000 fr. Le télégraphe électriquereliait Chambéry à Turin depuis 1853 ; mais on ne l’avait con-tinué ni sur Grenoble, ni sur Genève, ni sur Lyon.