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Tome troisième.
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1859

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les ministériels associant la liberté et le pouvoirpour le salut du pays.

Les menaces de l’Autriche se heurtent àl’audace du comte de Cavour; la guerre éclate.Le 27 avril, l’armée autrichienne franchit leTessin; depuis deux jours, les troupes fran-çaises étaient en marche sur la route du Mont-Genis. L’apparition du drapeau tricolore, àChambéry, le 25 avril, causa une émotion tellequ’on crut un instant l’annexion consomméesans qu’il fût besoin de protocoles et de con-grès. Il se trouvait dans la foule deux vieillardsqui avaient vingt ans chacun lors de l’entréeen Savoie des armées françaises en 1792; ilssemblaient rajeunis par le bonheur. Leurexpansion communicative gagna le peuple ; maisle syndic interdit l’accès du chemin de fer et lesrégiments qui suivirent ne furent plus saluésque de loin par les cris de : Vive la France! Cestémoignages spontanés du peuple rapprochésdes aveux des hautes classes prouvèrent auxhommes d’Etat que le courant annexionistedevenait irrésistible. On comprenait enfin queplus que la race, plus que la religion, plus quela langue 1 , ce qui séparait la Savoie du Piémontc’était la conviction du peuple savoyen d’êtreuniquement gouverné d’après les préjugés, lesbesoins et la politique du cabinet de Turin aulieu de l’être conformément à ses désirs, à sestraditions et à ses propres besoins.

' La différence de race n’est pas toujours un obstacle à laeoncorde, telle l’Alsace vis-à-vis de la France ; ni la religion,telle la Silésie vis-à-vis de la Prusse; ni la langue, tel le Ca-nada vis-à-vis de l’Angleterre. La situation de la Savoie nepouvait se comparer qu’à celle de l’Irlande, où les griefs de lareligion et de l’enseignement étaient aussi les leviers de larévolte.