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Tome troisième.
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1899

il a le secret. Toute incertitude fut dissipée ;l’annexion était faite.

Les démocrates furent battus, le 17 juillet,aux élections municipales; et la polémique desjournaux ne porta plus sur la nécessité de dé-tacher la Savoie du Piémont, mais sur les bien-faits qu’on attendait de la France et sur lesréclamations que pourrait élever la Suisse.Il fallait toutefois que ces manifestations sym-pathiques et universelles prissent un corps, ilfallait un programme, un guide, une âme à ceparti français déjà si grand qu’il tendait àperdre son unité et à se briser en tronçonssous la pression d’adroits diplomates. Deuxjeunes hommes, l’avocat Charles Bertier et ledocteur Gaspard Dénarié, patriotes généreux,sentirent quel danger devait naître de l’inertienaturelle aux conservateurs et de l’audace quiest l’essence des minorités. Ils prirent l’initia-tive d’une mise en demeure hardie et assu-j mèrent sur eux la responsabilité des actes qui; allaient séparer le parti français du parti libéraldynastique dont M. Costa était le chef. Cette, nécessité était rendue impérieuse par les me-' sures récentes du ministre Rattazzi; les corpsI de pompiers de la Savoie, suspects au cabineti depuis les ovations dont l’armée française! avait été l’objet, venaient d’être dissous(28 juin). En applaudissant à cet acte, lesjournaux de Turin (l’Opinione, VIndipendente)remarquaient que l’esprit de ces corps, dontquelques uns remontaient à l’occupation de laSavoie par la France sous la première Répu-blique , était devenu entièrement opposé auxinstitutions qui régissaient l’Etat sarde depuis1848; surtout à Chambéry, où l’existence d’un

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