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1819
Les agents piémontais qui agitaient la Tos-cane, les Romagnes, les Légations, taxèrent derévolte l’emploi par les Savoyens du droit depétition. Le parti clérical, disait-on à Turin,soudoie des menées qui sont une violation duStatut; des députés égarés les partagent et larépression doit être aussi prompte que vigou-reuse. Ces conseils furent entendus. Les jour-naux français, modérés ou cléricaux, sontarrêtés à la frontière et les imprimeurs invitésà ne rien publier sans le visa de l’intendantsous peine de révocation ; la Gazette de Savoieprend à partie les douze séditieux d’Annecy , etle Courrier des Alpes, saisi trois fois à la poste,est suspendu par le ministre en vertu de la loidictatoriale du 28 avril et poursuivi pour délitd’Etat ; l’indépendant de la vallée d’Aoste, toutefrançaise, a le même sort; le Bon sens d’An-necy, plus heureux, traduit en justice deux fois,est deux fois acquitté. Les douze députés',cédant au désir du marquis Costa, déclarents’abstenir de toute démarche se rattachant à laquestion de nationalité et vouloir se renfermerdans l’étude des besoins pratiques dérivant de lasituation exceptionnelle du pays, de son épui-sement, du sentiment de son autonomie-.
Le 11 août, le marquis Costa, accusé en Pié-mont d’être le chef du parti séparatiste, protestecontre les insinuations des radicaux et déclareque la responsabilité des mouvements de l’opi-nion doit remonter à ces ministres qui, au
1 MM. Costa de Beauregard, Mollard, de Martinel, Grange,Carquet, Ginet, Pelloux, Montgellaz, do La Fléchère, Girod deMontfalcon, Chapperon, Lachenal.
2 Le Courrier des Alpes du 30 juillet. — Le Bon sens, mo-niteur des villes et des campagnes (n° 510, du 12 août 1859).