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Tome troisième.
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et de l’Arve, c’est-à-dire du Ghablais et duFaucigny. Les défenseurs de ce système, re-nouvelé en partie du projet que M. Pictet pro-posait en 1814 au Congrès de Paris, insistaientsur les différences sensibles qui distinguent,les Savoyens du bassin du Léman des Sa-voyens de la vallée de l’Isère, et sur le peu derapports établis entre les deux régions.

« La Savoie se partage en deux zones d’intérêts dis-tincts. Le midi, composé de la Maurienne, de la Taren-taise et de Chambéry, peut-être d’Annecy, a son cou-rant commercial vers la France; le nord, composéprincipalement du Chablais et du Faucigny, n’a derelations commerciales qu’avec Genève et la Suisse;tout converge là, sauf quelques mulets vendus à la Ta-rentaise et quelques cuirs expédiés en Piémont. Lemidi et le nord, la haute et la basse Savoie n’ont mêmeentre eux aucun rapport, presque point de matièred’échange. Des montagnes infranchissables les séparentdepuis le Mont-Blanc jusqu’à La Roche; un seul che-min leur sert de communication, et la pauvre patachequi va d’Annecy à Bonneville ne cahote jamais que desnonnes, des prêtres et de malheureux plaideurs; encorefaut-il ajouter que la création du chemin de fer deChambéry à Genève lui a enlevé la moitié de sa chétiveclientèle. Quant au Ghablais, il n’a pas même un pedonpour lui porter ses lettres de Savoie; on lui a refuséun courrier de Bonneville àThonon; il ne peut aller enFrance et en Savoie qu’en empruntant le territoire, lesvoitures, les services publics de Genève. La scissiond’intérêts entre le nord et le midi de la Savoie est telle-ment frappante qu’un habitant quelconque des deuxterritoires la signalera sans hésiter. Demandez à unTarin, ou à l’habitant de Conflans, à celui d’Aiguebelle,ce qu’il désirerait être ; Français, dira-t-il. Ne lui parlezpas de la Suisse ; il ne la connaît que par les préjugésde la noblesse et du clergé et les sottes histoires de1602. Demandez à un paysan du Chablais ou du Fau-