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1860
raient. La presse anglaise, belge, genevoise,en prit texte pour nier l’unanimité d’opinionde la Savoie et pour déclarer qu’à tout prix ilfallait empêcher l’annexion des Alpes à l’Em-pire ou, tout au moins, partager cette provinceentre les trois Etats intéressés.
Les débats des Chambres anglaises, repro-duits à l’euvi par les journaux de toute nuanceavec les commentaires les plus contradictoires,ne laissaient pas que d'inquiéter l’opinion beau-coup plus que les excitations des partis extrê-mes. Le 7 lévrier, lord Normamby propose deremercier la reine d’avoir protesté contre l’é-ventualité de la cession de la Savoie à la France.Lord Granville, avec cette courtoisie qui sertaux diplomates à déguiser leur pensée, répondqu'il serait inopportun de préjuger les déci-sions de Puissances amies; que cependant,M. Walewski, tout en reconnaissant que cettemesure avait fait l’objet de conversations anté-rieures à la guerre, dans le cas de certaineséventualités qui ne s’étaient pas produites, dé-clarait que la France n’y attachait pas uneextrême importance, et que M. de Gavour, poursa part, avait dit au ministre anglais à Turinqu’il n’existait pas de traité de cession et que lePiémont n’avait nul désir de céder la Savoie àqui que ce fût. Rien de plus vrai. Mais lordGranville aurait pu ajouter que l’EmpereurNapoléon n’hésiterait pas à réclamer l’exécu-tion des engagements pris, quelle que fût l’in-gratitude du Piémont, quelle que fût la méfiancede l'Europe.
Les gens clairvoyants se sentaient en pré-sence a’uu double danger : le démembrementou le maintien de l’union. Le démembrement,
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