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suprême qui ne fut pas mieux écouté que lesautres : Entre une royauté qui la repousse etun Empire qui s’en empare, la Savoie libéralen’abdique pas, elle s’abstient \
Le dimanche 22 avril 4860, les populationsdes Alpes occidentales furent appelées, pour lapremière fois, par le vote universel et libre descitoyens jouissant de leurs droits civils, à déci-der du choix de leurs destinées. Le vote eutlieu par commune, à l’appel nominal et au scru-tin secret. La messe dite, et lorsque le prêtre,devançant la voix du peuple, eût entonné leDomine salvum fac Imperatorem! tous ensem-ble, laboureurs, bourgeois, ouvriers, nobles,prêtres, se donnant la main, allèrent d’un pasferme et sous le même drapeau. Dans les cam-pagnes, par le soleil éblouissa n t d’un été précoce,au son vibrant des cloches lancées à toute volée,ces hommes vont avec dignité, lentement, dé-poser leur vote. Le devoir civique accompli,c’est au chant de la Marseillaise, au bruit desmusiques villageoises, au milieu de troupesjoyeuses de femmes 2 et d’enfants qu’a lieu leretour. Nulle contrainte; les soldats piémontaisont disparu; les troupes françaises se sontreti-
’ Un mot sur le 22 et le 23 avril. (Chambéry. Ménard, im-primeur. (1860.)
2 Les femmes de Savoie savaient fort bien, par les récits deleurs graad’mères, que la loi française était beaucoup plusfavorable que le code sarde aux veuves et aux filles à marier ;un des écrits de circonstance contenait h ce propos ce dialoguepiquant : « — Autre affaire. Tu as deux garçons et trois filles,comment comptes-tu partager ton bien de 12,000 fr. entre eux?
— Vous savez bien la couiume, père André : moitié pour lesdeux garçons; le reste à diviser entre les garçons et les filles;4,200 fr. "pour mon Jean, 1.200 fr. seulement pour la Josephte.
— Eh bien I La Josephte aura le double une fois française. Va 'tes filles feront voter tes garçons ’ s