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DOCUMENT N» XXXIII
Principes gallicans du Sénat de Savoie en ce quiconcerne le tribunal de l’Inquisition.
C omme la Savoye est une province ecclésiastiquegallicane, on ne met pas en difficulté que quand leTribunal de l’Inquisition a été admis en France, il nel’ait été en Savoye 1 . Les anciens Statuts en font mentionsurtout dans les temps où peu s’en fallut que le pays deSavoye ne fut infecté de l’hérésie de Calvin, dont quel-ques provinces voisines de Genève et de Berne, commele Chablais, furent envahies.
Mais, dès que l’on fut hors de cette crainte et que laFrance n’a plus admis un semblable Tribunal, il en aété de même en Savoye qui s’est toujours conformée àl’usage de l’Eglise gallicane, et par la même raisondans la Val d’Aoste, d’autant que l’on prétend dans ledit pays de Savoye, tout comme eri France, que ce sontles laïcs à qui l’Inquisition doit appartenir, commeseuls juges naturels en matière de foi. Il ne faut pass’étonner si à cause de la situation de la Val d’Aoste,sur le chemin d’Italie, on y a fait souventes fois destentatives pour y établir ce Tribunal au préjudice de lajuridiction de l’évêque, et à la différence des autres paysde la Savoye dont elle fit toujours partie, et si on s’yest constamment opposé, particulièrement en 1596 et1603 contre le P. Uberti; en 1604 contre le nonce deS. S. à Turin; en 1614. contre l’inquisiteur de Verceil ;en 1620, contre celui d’Ivrée ; en 1715, contre la pu-blication d’une bulle.
Tiré du manuscrit de la Pratique ecclésiastique deSavoie, folio CXXI, conservé à la Bibliothèque de laCour impériale de Chambéry.
1 En 1424, des patentes du duc Amédée VIII autorisent unDominicain à séjourner dans les Etats avec sa suite en qualitéd’inquisiteur de la sainte foi. — En 1452, Antoinette Goret,des Marches, et Guill. Duret, de Chambéry, sont pendus commehérésiarques à la requête de l’inquisiteur, ainsi que l’atteste lecompte de Pierre Cerisier, lieutenant du châtelain Bertrand deDuingt. — En 1499, les trois Etats réclamèrent contre les abusde l'Inquisition ; etc.