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sions et de gens de guerre ; ce qu'ayant considéré sesbons sujets de Savoye et que lotis ces frais ne pouvoientse faire de ses revenus ordinaires, ils luy ont volontai-rement accordé une gabelle sur le sel, à scavoir qu’ilsont promis de prendre dans ses greniers le sel et le payerà raison de X florins l’émine du poids de Chambéry decent douze livres moyennant l’exemption de toutes tail-les, aydes, subsides et épices que les officiers de sonSénat étoient convenus de prendre, et comme plusieurspersonnes faisoienl fraude pour ne pas prendre le seldans lesdits greniers, il fit faire une capitation de tellesorte que chaque ville, village, bourg, bourgade étoientobligés de se fournir de sel, cartier par cartier, en payantès mains des commis à ce establys, mais comme dans levoisinage il survint des guerres, ce qui empescha queles greniers à sel du prince ne pussent estre fournyspar la difficulté des voitures, le prince ayant toujourscependant gens de guerre sur pied pour la préservationde ses pays et de ses sujets et voyant que l’on ne pouvoitplus aller prendre du sel dans ses greniers qui estoientdépourveus et qu’il estoit obligé d’entretenir toujoursles mesmes troupes, ses sujets offrirent libéralement àlui payer les uns un cartier, les autres deux, trois ouquatre, nonobstant qu'il ne puisse leur fournir le sel.Le prince voyant que cela ne se pouvoit continuer se con-tenta qu’au lieu de luy payer l’émine sur le pied de Xflorins on la lui payât sur le pied de VI, selon la capita-tion ou dénombrement fait ou à faire, revenant à troissols neuf deniers par cartier pour chaque personne quiétoit XV sols l’année, moyennant ce il estoit permis àun chacun de se servir du sel où bon leur seinbleroit,et dans ledit édict n’étoient compris les ecclésiastiquestant séculiers que réguliers et les nobles lesquels parainsy estoient exemps de toutes impositions.
Tiré des Archives du Sénat de Chambéry. (RegistreXIII. Répertoire I, folios 124 à 129.)