SA FAMILLE - SON ENFANCE - SON ÉDUCATION 15
amis, si dure aux adversaires. J’ai rencontré dansces mêmes archives les nombreuses traces de l’exa-men que Malesherbes a fait des papiers de Turgotaprès sa mort, afin d’en tirer les notes, les pièces, lesmanuscrits qu’on allait livrer à Dupont de Nemourspour être publiés par ses soins et former la premièreédition des œuvres de Turgot.
Le prévôt des marchands mourut le 1 er février1751, laissant trois fils et une fille. L’aîné de ses filsfut magistrat et mourut président à mortier du par-lement de Paris; le second, connu sous le nom dechevalier Turgot, fut un savant, un administrateur,un soldat; il gouverna pendant un temps la Guyane;le troisième enfin est le ministre. La fille du prévôtdes marchands avait épousé le duc de Saint-Aignan.
Le troisième fils, le ministre réformateur, est néà Paris le 10 mai 1727; il était studieux, timide etgauche. Sa timidité de jeunesse ne l’abandonna d’ail-leurs jamais complètement. « Mes paroles sont unpeu confuses, dit-il un jour à Louis XVI, c’est queje me sens troublé. —Je sais que vous êtes timide »,lui répondit le roi.
Il fut élevé au collège Louis-le-Grand, puis auséminaire de Saint-Sulpice. Dès 1743, à seize ans, ilsuivait les cours de la Faculté de théologie. En 1740il lui avait fallu une dispense d’âge pour être admisaux examens.
La Faculté de théologie la lui avait accordée « enayant égard, avait-elle dit, à la très puissante recom-mandation du Roi, mais aussi en souvenir des ser-