SA FAMILLE - SON ENFANCE - SON ÉDUCATION 17
qu’il avait assisté à bien des thèses, mais qu’il n’enavait point encore vu de soutenue comme celle-là.
« L’archevêque de Tours, en descendant de sachaire, embrassa l’abbé et lui dit que cela s’appelaitsoutenir éminemment; il fut le lendemain à Versailleset, le roy lui ayant demandé s’il était la veille à l’as-semblée du clergé, il répondit que non. Le roy luidemanda pourquoi, il répondit qu’il présidait à unethèse. Le roy s’informa qui la soutenait, il répondit quec’était l’abbé Turgot; et, le roy lui ayant demandé s’ilavait bien fait, il eut la bonté de répondre à Sa Majestéqu’il n’avait jamais vu soutenir une thèse avec autantde distinction, et ajouta qu’il n’y avait pas un plusgrand ni un meilleur sujet que l’abbé. Tout cela estfort flatteur pour nous et doit vous faire aussi grandplaisir. »
Deux ans après, le 7 avril 1749, il composait lepremier écrit économique que nous ayons de lui.C’est une lettre adressée du séminaire à son condis-ciple l’abbé de Cicé. Elle a pour objet de réfuter ladéfense du système de Law, publiée vingt ans aupa-ravant par l’abbé Terrasson.
Pour Turgot la monnaie métallique n’était pas unsigne. « C’est comme marchandise, dit-il, que l’ar-gent est, non pas le signe, mais la commune mesuredes autres marchandises. »
En combattant l’idée, si répandue, que la mon-naie métallique n’est qu’un signe fondé sur la marquedu Prince, Turgot faisait justice des utopistes quicroyaient alors, comme ils l’ont cru pendant la Révo-
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