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TURGOT
Smith; nous le vîmes plusieurs fois. » Dupont deNemours rapporte aussi cette rencontre et parled’Adam Smith, de Turgot et de lui-même commeayant été « condisciples chez Quesnay ».
Avec Gournay, enfin, Turgot a connu les deuxTrudaine, Albert qui fut depuis intendant du com-merce et lieutenant général de police à Paris, ettous ces hommes de talent, administrateurs coura-geux qui défendaient les doctrines libérales auprèsdes conseillers d’Etat et des ministres du jour,presque tous de l’école de Colbert.
11 a été reçu chez la marquise du Deffant, mais iln’eut jamais d’intimité avec elle. Il l’abandonna trèsvite, pour suivre Mlle de Lespinasse lorsque, se reti-rant de chez sa protectrice, elle fonda, à son tour,une société et un salon. Il avait d’ailleurs peu degoût pour l’ami de la marquise, le duc de Choiseul,qui devait devenir plus tard son plus redoutableadversaire. Il passait déjà, et non sans raison, commehostile aux parlements, quoiqu’il y eût des parentset des amis personnels, auxquels il resta toujoursfidèle. Il accepta, en 1754, de faire partie d’uneChambre royale, c’est-à-dire d’une sorte de com-mission instituée après l’exil des membres d’unedes cours du Parlement, pour juger à sa place lesaffaires de son ressort; ce qui le brouilla définiti-vement avec les parlementaires et avec le partiChoiseul.
Il était d’ailleurs, par principe, comme nousl’avons fait remarquer plus haut, un homme de gou-