SA DOCTRINE ÉCONOMIQUE
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chacune d’elles, relativement à toutes les autres.Toute marchandise a pu devenir ainsi l’équivalentde toutes les autres et servir de mesure communepour comparer la valeur des autres marchandisesentre elles. La même quantité de blé, qui valait dix-huit pintes de vin, valait également un mouton, ouune pièce de cuir préparé, ou une certaine quantitéde 1er, et toutes ces choses avaient ainsi, dans lecommerce, une même valeur. Mais toutes les pintesde vin n’ont pas la même valeur, et si dix-huit pintesde vin d’Anjou valent un mouton, dix-huit pintes devin du Cap en valent un bien plus grand nombre. Ona été obligé, pour éviter les équivoques qui résul-taient de ce que la même expression s’appliquait àdes objets de qualités variables, de choisir, commemesure de la valeur des autres marchandises, unemarchandise qui fût toujours identique à elle-même,qui fût en outre facile à transporter et qui pût êtreconservée sans s’altérer. L’or et l’argent réunis-saient toutes ces qualités à un degré supérieur, etils sont devenus, par la nature des choses, la mon-naie universelle.
Les cinquante derniers paragraphes de l’ouvragede Turgot traitent de la formation des capitaux etdes emplois divers qu’on peut en faire, soit en ache-tant un fonds de terre, soit en les employant dansune exploitation agricole, dans une entreprise indus-trielle ou dans une opération commerciale, soit enlinen les prêtant, moyennant intérêt, à ceux qui ontbesoin d’argent.