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adorer, tandis que les autres soutinrent qu’il s’yétait fait détester. Les uns et les autres avaient sansdoute raison. La noblesse limousine avait été accou-tumée à se servir de l’Intendance pour obtenir desfaveurs, pour faire modérer les tailles et les capi-tations de ses protégés, et pour réduire au plusbas scs propres vingtièmes. Elle ne pardonna pasà Turgot d’avoir rompu avec des traditions quilui étaient si favorables. Elle le traitait volontiersd’homme à projets et à système, comme on avait faitde Gournay. « Oui, Madame, il est systématique,s’écriait l’abbé Baudeau en parlant à une damequ’il ne nomme pas, mais dont il dit qu’elle était unespirituelle bégueule de cour et une des mères del’Eglise jésuitique; oui, Madame, il est systéma-tique_Eh! croyez-vous donc que pour conduire un
royaume comme la France il faut des idées décou-sues et des routines. » Il s’était donc fait beaucoupd’ennemis parmi les petits gentilshommes du pays.Mais si la noblesse limousine lui était hostile, iln’en était pas de même des paysans. Son départ futannoncé publiquement en chaire par tous les curésde la province, qui partout dirent la messe à sonintention. Les paysans suspendirent leurs travauxpour y assister et ils répétaient : « C’est bien fait auroi d’avoir pris M. Turgot, mais c’est bien triste ànous de ne l’avoir plus ».
Nous ne pouvons pas écrire l’histoire de sonadministration, ni faire une analyse complète de cequ’il appelait ses œuvres limousines : ce serait un