INTENDANCE DE LIMOGES
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travail trop étendu, qui nous ferait d’ailleurs entrerdans des détails aujourd’hui dépourvus d’intérêt;mais ce qu’il est nécessaire de faire ressortir pourbien faire comprendre le génie de Turgot, c’est lahauteur de vues avec laquelle il n’a jamais cessé detraiter les questions administratives qu’il avait àrésoudre. Il n’y avait pas d’affaire, si insignifiantequ’elle fût, qui ne lui fournît une occasion d’affirmerdes principes. Les circulaires à ses agents, seslettres au ministre, ses avis au Conseil, sont autantde traités sur les théories et les lois économiques.Tels sont ses Avis sur l'assiette et la répartition cle lataille (1702 à 1770), son Mémoire sur les prêts à in-térêt et sur l'usure (1709), ses Lettres sur la libertédu commerce des grains (1770). Et ce qui est vrai-ment étonnant, c’est que tout ce qu’il écrit est commeimprovisé. Il n’a pas besoin de longues études pourremonter des effets aux causes; son éducation pre-mière, les habitudes de son esprit, la rectitude deson jugement lui montrent tout de suite le fond deschoses, et il y pénètre sans hésitation ni confusion.Ce n’est pas à dire qu’il se contentât d’une premièrevue ni qu’il négligeât les détails ou qu’il ne lût paslaborieux; au contraire, il travaillait immensément,et les nombreuses attaques de goutte auxquelles ilétait sujet ne le détournaient jamais de ce qu’il avaita faire. Il ne se reposait que dans ses correspon-dances intimes, et il avait beaucoup de correspon-dants. Avec Caillard il parlait de poésie, lui com-muniquant ses traductions d’Horace ou de Pope et
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