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lui envoyant, pour être acheminés sous le voile del’anonyme à Ferney, ces vers métriques que Voltaireprenait pour de la prose. Il raisonnait sur la pro-nonciation des anciens et ne pouvait pardonner àDavid Hume de croire que les anciens romains pro-nonçaient le latin à l’anglaise, disante pour«, i poure et you pour u. Avec Condorcet il échangeait desvues sur la philosophie,-sur la morale, sur la science.Son esprit n’était jamais plus libre que quand ilétait plus rempli.
Cependant l’intérêt de ses administrés était sanscesse l’objet de sa sollicitude. Une de scs occu-pations les plus constantes, pendant les premièresannées de son intendance, avait été la révision desrôles des tailles. La taille était alors assise en Limou-sin au moyen d’un tarif imaginé vingt ans aupa-ravant par M. de Tourny. L’ancien intendant avaitvoulu corriger les abus de la taille arbitraire, et avaitconçu, pour y arriver, le plan d’une refonte de toutesles évaluations anciennes du produit des terres etl’établissement d’une base d’imposition normalefondée sur une sorte de cadastre. Mais les arpente-ments n’avaient été achevés que dans une partie de laprovince, les deux tiers seulement, et les évaluationsavaient été arrêtées, la plupart du temps, après unesimple inspection des lieux, pour ainsi dire à vued’œil, ou à vol d’oiseau et par masses de culture.
Il en était résulté des inégalités si choquantesque les populations n’avaient trouvé aucun soula-gement dans l’abandon de la taille arbitraire, ni