INTENDANCE DE LIMOGES
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dans l’exécution d'un cadastre si incomplet. Turgotcrut nécessaire de tout refaire et d’entreprendreune révision générale.
C’était un vrai cadastre qu’il avait en vue ; ilvoulait faire en quelque sorte une description de laprovince, fonds par fonds, description géométriqueet en plan, qui pût être conservée et tenue à jourau fur et à mesure des changements dans la consis-tance et la nature de toutes les propriétés. Maisl’établissement d’un cadastre avec des arpentementset des évaluations a toujours été et sera toujoursune œuvre très longue, très difficile et d’un prixfort élevé.
« Si j’avais connu alors, écrit Turgot en 1702 aucontrôleur général, aussi distinctement qu’aujour-d’hui l’immensité du travail nécessaire non seule-ment pour perfectionner l’opération à l’avenir, maispour tirer de la confusion le système actuel, je n’au-rais peut-être pas eu le courage de l’entreprendre. »
Il ne ménagea d’ailleurs pas sa peine : il mit tousses soins à éclairer les commissaires, les proprié-taires, les paysans, sur toutes les questions quesoulevait la révision. Il lit, pour servir à l’éducationdu public, proposer par la Société d’agriculture deLimoges un prix sur la théorie des impôts; et, pourcombattre les préjugés administratifs, il aborda con-stamment dans ses lettres et ses avis au conseil etau contrôleur général, à propos des moindres dé-tails, les questions les plus générales et la discus-sion même du principe des impôts.