INTENDANCE DE LIMOGES
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qui entraîne dans la même ruine que les coupablesles prêteurs imprudents qui leur ont fait confiance.Mais la crise d’Angoulême de 1769 avait un carac-tère particulier qui devait en aggraver beaucoup lesconséquences.
Les auteurs de la circulation du papier de com-plaisance formaient une bande de fripons quis’étaient entendus pour tirer parti du fait même deleur banqueroute, en accusant les escompteurs,d’usure et eu les dénonçant pour ce fait au sénéchald’Angoulême. « C’est un grand mal, dit Turgot,que le dérangement de toutes les opérations ducommerce, l’interruption de la circulation de l’ar-gent, l’alarme répandue parmi les négociants d’uneville et l’ébranlement de leur fortune. C’en est unautre non moins grand que le triomphe d’une cabalede fripons qui, après avoir abusé de la crédulité desparticuliers pour se procurer de l’argent sur desbillets frauduleux, ont eu l’adresse plus coupableencore de chercher dans des lois mal entendues unmoyen non seulement de se garantir des poursuitesde leurs créanciers, mais encore d’exercer contreeux la vengeance la plus cruelle : de les ruiner, deles diffamer et de s’enrichir de leurs dépouilles. »Turgot proposait en conséquence d’évoquer au Con-seil les accusations d’usure qui étalent pendantes ausénéchal d’Angoulême et d’en renvoyer la connais-sance à une commission chargée en même temps derédiger une déclaration et de fixer la jurisprudencesur l’usage du prêt à intérêt dans le commerce.