TDRGOT
Conformément à ses conclusions, le Conseil évoqual’affaire : les procédures contre les prêteurs furentabolies, avec défense d’en intenter de pareilles àl’avenir; mais il n’y eut pas de déclaration; la loinouvelle que demandait Turgot ne fut pas faite, et lalégislation sur le taux de l’intérêt demeura obscurecomme auparavant et livrée à l’arbitraire des juges.
A l’appui de sa demande d’évocation, Turgot,fidèle à son habitude de traiter au point de vue leplus général, à l’occasion des espèces, les affairesqui se présentaient à lui, fournit au Conseil d’Etatun mémoire qui est l’ouvrage le plus complet et leplus parfait qui ait jamais été écrit sur la questiondu prêt à intérêt et de l’usure et qui a mis, du coup,son auteur au rang de nos premiers écrivains.
11 divise son sujet en trois parties : Dans la pre-mière partie, il établit la nécessité du prêt à intérêtpour les besoins du commerce et de l’industrie, etdémontre que le taux est variable en raison del’abondance ou de la rareté des capitaux d’abord, etde la certitude ou des risques du remboursementensuite. Dans la seconde partie, il réfute les argu-ments des scolastiques, des jurisconsultes et desthéologiens. Dans la troisième il recherche lescauses historiques qui, en rendant l’usure odieuse,ont fait naître dans le monde une opinion défavorableaux capitalistes prêteurs. Enfin, dans une conclusiontrès fortement motivée, il demande que le prêt .àintérêt soit licite, que le taux puisse en être libre-ment débattu entre les prêteurs et les emprunteurs,