INTENDANCE DE LIMOGES
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et que les usuriers qui abusent des passions et del’inexpérience de lajeunesse, ne soient punis que pardes lois du genre de celles qui atteignent les abusde confiance et les autres tromperies.
Il n’y a pas, suivant lui, de place de commerce oùla plus grande partie des entreprises ne roulent surl’argent emprunté, et il n’y a pas de capitaliste quiconsente à se priver d’un argent dont il pourraituser, s’il n’y trouvait un avantage correspondant.Si l’argent prêté ne rapportait pas d’intérêt, on nele prêterait pas ; et si la loi interdisait le prêt àintérêt, ou bien la loi serait violée, ou bien le com-merce s’arrêterait. Mais si le prêt à intérêt est né-cessaire et s’il se fait commerce d’argent, l’argentdoit être considéré comme une véritable marchandisedont le prix dépend des conventions des parties etsubit comme toutes les autres marchandises l’effetde l’offre et de la demande. Qu’y a-t-il à reprendrechez l’emprunteur qui, faisant courir un risque àson prêteur, consent à lui payer un intérêt élevé,ou chez le prêteur qui se couvre du risque par uneaugmentation de son prix. Aucune loi, ni civile nireligieuse, n’oblige une personne à procurer à uneautre des secours gratuits; pourquoi la loi civile oureligieuse défendrait-elle de procurer l’argent auprix que l’emprunteur consent à le payer pour sonpropre avantage? La légitimité de l’intérêt est uneconséquence immédiate de la propriété, du droitqu’a le propriétaire sur sa chose. Le propriétaired'une chose peut la vendre ou la louer; le prix de