INTENDANCE DE LIMOGES
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tous frères, tous ami-s; traitez-vous en frères et enamis; secourez-vous dans vos besoins; que vosbourses vous soient ouvertes les uns aux autres, etne vous vendez pas les secours que vous vous devezréciproquement.
La véritable origine de l'opinion qui condamne leprêt à intérêt et l’usure est le cri des peuples aux-quels les usuriers ont été de tous temps odieux.Il est doux de trouver de l’argent, il est dur de lerendre. Dans les sociétés naissantes on empruntepeu pour le commerce, on ne le fait que pour vivre;on ne peut rendre que s’il survient des événementsheureux, et le prêteur court le risque que ces événe-ments ne se produisent pas. Aussi l’intérêt doit-ilêtre, dans ces conditions, fort élevé. A Rome il étaitexcessif. La dureté des lois contre les débiteurs,toujours faites par les riches, indignait le peuplecontre ses créanciers. Dans toutes les républiquesanciennes, l’abolition des dettes a toujours été le vœudu peuple et le cri des ambitieux qui cherchaient àcaptiver la faveur populaire. Quand le christianismeapparut, il s’offrit aux peuples comme la religionprotectrice des pauvres; les prédicateurs adoptèrentnaturellement une opinion qui était devenue la pas-sion des pauvres, et ils confondirent le prêt à intérêtavec la dureté des poursuites exercées contre lesdébiteurs insolvables. De là cette tendance dansles anciens docteurs de l’Eglise à regarder le prêtà intérêt comme illicite.
Cependant les causes qui avaient, autrefois, rendu