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Turgot / par Léon Say
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TURCOT

par les personnages les plus influents de l'adminis-tration et de la magistrature, rendent extrêmementpérilleux le commerce des blés. La déclaration royalede 1763 et lédit de 1764 avaient consacré « la librecirculation des blés » dans le royaume; mais cetteliberté était sans cesse menacée par les parlementset les officiers municipaux. Cest ainsi que le parle-ment de Bordeaux avait ordonné, par un arrêt du17 janvier 1770, aux propriétaires et fermiers duLimousin et du Périgord, de porter chaque semainesur les marchés une quantité suffisante de blé pourlapprovisionnement desdits marchés, et leur avaitfait défense de vendre des grains, soit en gros, soiten détail, ailleurs que dans ces marchés.

Les échevins de la petite ville de Turenne navaientpas plus respecté la loi. Ils avaient prohibé la sortiedes grains de leur ville, ordonnant aux proprié-taires de « délaisser leurs blés en en recevant leprix comptant au cours du marché » ; enfin le lieu-tenant de police dAngoulême navait pas craint derendre une ordonnance pour obliger toutes les per-sonnes qui avaient du grain chez elles en magasinou autrement, à nen rien conserver au delà de cequi était absolument nécessaire pour leur nourritureet celle de leur famille, et il leur avait enjoint defaire conduire le surplus au marché, sous peine demille livres damende. Cétait ajouter à la disettelocale, qui était fort réelle par suite de la perte de larécolte, une disette plus générale résultant de lim-possibilité de suppléer pur le secours du commerce