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Turgot / par Léon Say
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et elle avait été séduite par ses idées. Aussi, quandson mari eut été fait premier ministre, insista-t-ellevivement auprès de lui pour quil fît entrer dans leministère un homme dont le génie et la probité luiavaient inspiré une profonde estime.

La duchesse dEnville appartenait de cœur etdâme aux philosophes et aux économistes, quellerecevait dans son beau château de la Roche-Guyon.Elle était passionnée pour la liberté du commercedes blés et ne fut épargnée ni par les satires, nipar les chansons, ni même par les caricatures,sous lesquelles les gens de la cour et du Parlementne cessaient daccabler les nouveaux réformateurs.Elle appartenait à la famille des La Rochefoucauld, àlaquelle le comte de Maurepas était très lier dêtreallié. Elle lui recommanda Turgot avec beaucoupdinstances au moment même la comtesse de Mau-repas et Ycry le lui recommandaient également.

Cest ainsi que Turgot devint ministre, non paspeut-être appelé par lopinion publique, comme onTa dit, car il ny avait pas à proprement parler dopi-nion publique, ou du moins elle ne faisait que denaître, mais désigné par ses admirateurs et ses amisà un premier ministre tout-puissant.

Ce fut une grande joie dans le camp des écono-mistes et des encyclopédistes, suivie pourtant dundésappointement assez vif quand on apprit que, silétait vrai que Turgot fût ministre, cétait à la marineet non pas aux finances quon lavait placé.

« Ce choix a lapprobation générale, écrit Mercy