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insolvables, et Malisset lui-même, l’agent général dela compagnie, qui vivait encore en 1791, végétait sansressources et comme en état de démence.
Les accusations de Leprévost de Beaumont étaientévidemment exagérées. Il est possible que la compa-gnie des blés ait donné des parts d’intérêts sur sesbénéfices à des personnages influents, aux favoriset aux favorites du roi, peut-être au roi lui-même;on a bien trouvé la preuve que tel était le caspour les croupes de la ferme générale. Il est nonmoins clair que certains agents de la société ontspéculé pour leur compte et que quelques commis sesont livrés à des dilapidations et à des vols dont leproduit a été gaspillé par eux et leur a servi à entre-tenir un luxe insolent et peu justifié par leur fortunepatrimoniale. Mais on n’a jamais pu retrouver latrace des dizaines de centaines de millions, c’est-à-dire des milliards, qui, au dire de Leprévost deBeaumont, auraient été prélevés par les complicesde Malisset sur le peuple si misérable des dernièresannées du règne de Louis XV.
A la suite ‘ des dénonciations de Leprévost deBeaumont, soit qu’on ait craint qu’elles ne devins-sent publiques, soit qu’on ait eu d’autres raisonsd’intérêt public ou privé, le bail Malisset avait étérésilié par l’abbé Terray lui-même. Une combinaisonnouvelle, celle de la régie intéressée, avait été ima-ginée à la place. Cette régie devait poursuivre lemême but que la ferme précédente, c’est-à-dire queson objet était de veiller à la distribution du blé de