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TUIÎGOT
qu’ils ne l’avaient pas trouvée. Ils la chansonnèrentquand tout fut terminé ; les femmes se faisaient fairedes bonnets à la révolte, et pour se moquer on donnaà ce mouvement populaire le nom de guerre desFarines. Tout le monde crut à un complot. Turgot lefait dire expressément au roi dans ses instructionset ses arrêts. « Le brigandage, dit-il, a été excitépar des hommes étrangers aux paroisses qu’ilsvenaient dévaster.... Il semble que le but de ce com-plot ait été de produire une véritable famine dans lesprovinces qui environnent Paris et dans Paris même,pour porter les peuples par le besoin et le désespoiraux derniers excès. » (Instructions envoyées parordre de Sa Majesté à tous les curés de son royaume;9 mai 1775.) Louis XVI, écrivant au roi de Suède le15 juillet suivant, lui disait : « La mauvaise récolteet le mauvais esprit de quelques personnes dont lesmanœuvres étaient concertées, ont porté des scélé-rats avenir piller quelques marchés ». Marie-Thérèse,répondant à Marie-Antoinette, lui dit : « Je croiscomme vous qu’il y a quelque chose là-dessous ».Un grand nombre de personnages furent accusésd’avoir eu part à ce complot. On disait que c’était deSartine; Turgot croyait que Conti en avait été l’in-stigateur. « Je n’oserais pas dire que ce fut sansraison », écrit Marmontel dans ses Mémoires.
L’espoir des instigateurs du mouvement fut tou-tefois bien déçu, car Turgot ne fut jamais plus puis-sant auprès du roi que pendant les jours qui suivi-rent la répression de l’émeute. L’appui que lui donna