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Turgot / par Léon Say
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126
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TURGOT

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persécuteront et tâcheront de nous replonger dansla barbarie quils appellent, dans leurs remontrances,la simplicité des mœurs antiques....

« Adieu, Monsieur, je ne puis souffrir que voussoyez ministre et que le bien devienne impossible. »

Turgot se garda bien sans doute de communiquerau Conseil la lettre de Condorcet, et, sil lit oppositionau rétablissement des parlements, ce fut sans douteen faisant valoir simplement les intérêts de lauto-rité royale. Il nétait pas un élève des pliysiocratessans avoir été touché de leurs doctrines, de celles-même qui auraient pu lui paraître excessives. Ilpensait dailleurs très sincèrement que le roi avait lepouvoir de changer les institutions anciennes quandle bien public lui en faisait un devoir, et il nadmettaitpas que lintervention du Parlement fût nécessairepour donner aux décisions royales un caractère légis-latif obligatoire. On lui a même attribué cette parolesi souvent répétée depuis par lécole jacobine, cest-à-dire par les hommes qui ont toujours été le plusopposés à ses doctrines économiques : « Donnez-moicinq années de despotisme, et la France sera libre ».

Il faut bien le dire, Turgot navait pas toute saliberté daction pour combattre, dans le Conseil etdevant le roi, la proposition de rappel des parle-ments faite par Maurepas. Il avait concouru aurenvoi de Tcrray et de Maupeou, et cest Terrayquil avait remplacé, après lavoir subi comme col-lègue, on sait avec quelle impatience, pendant plus