TURGOT
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persécuteront et tâcheront de nous replonger dansla barbarie qu’ils appellent, dans leurs remontrances,la simplicité des mœurs antiques....
« Adieu, Monsieur, je ne puis souffrir que voussoyez ministre et que le bien devienne impossible. »
Turgot se garda bien sans doute de communiquerau Conseil la lettre de Condorcet, et, s’il lit oppositionau rétablissement des parlements, ce fut sans douteen faisant valoir simplement les intérêts de l’auto-rité royale. Il n’était pas un élève des pliysiocratessans avoir été touché de leurs doctrines, de celles-làmême qui auraient pu lui paraître excessives. Ilpensait d’ailleurs très sincèrement que le roi avait lepouvoir de changer les institutions anciennes quandle bien public lui en faisait un devoir, et il n’admettaitpas que l’intervention du Parlement fût nécessairepour donner aux décisions royales un caractère légis-latif obligatoire. On lui a même attribué cette parolesi souvent répétée depuis par l’école jacobine, c’est-à-dire par les hommes qui ont toujours été le plusopposés à ses doctrines économiques : « Donnez-moicinq années de despotisme, et la France sera libre ».
Il faut bien le dire, Turgot n’avait pas toute saliberté d’action pour combattre, dans le Conseil etdevant le roi, la proposition de rappel des parle-ments faite par Maurepas. Il avait concouru aurenvoi de Tcrray et de Maupeou, et c’est Terrayqu’il avait remplacé, après l’avoir subi comme col-lègue, on sait avec quelle impatience, pendant plus