TURGOT SIIXISTlUi
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de trois mois. C’était dans un conseil où il siégeaitcomme ministre de la marine, le 24 août 1774, jouranniversaire de la Saint-Barthélemy, que l’exil deTerray et de Maupeou avait été décidé. Il était doncresponsable aussi bien que ses collègues de ce qu’onavait appelé une Saint-Barthélemy de ministres, et
11 n’eût certes pas contredit le comte d’Aranda qui,entendant le mot, avait ajouté : « Oui, mais ce n’estpas le massacre des Innocents ». L’exil de Maupeouavait pour conséquence nécessaire le retour des par-lements. Turgot était obligé de le subir, car la pro-position de Maurepas était la suite naturelle d’unepolitique à laquelle il s’était associé avec éclat. Le
12 novembre 1774, Louis XVI, dans un lit de jus-tice, rétablit dans leurs fonctions les membres duparlement de Paris qui en avaient été privés le21 janvier 1771; mais il prit ou crut prendre, dansune suite d’édits, enregistrés au même lit de justice,des précautions contre les empiétements administra-tifs et politiques des corps judiciaires. Le Parlementse réunit quelques jours plus tard, pour protestercontre la diminution de son autorité, et bientôt leschoses reprirent leur cours ancien, malgré les éditsqui avaient accompagné le rétablissement des juges.Le Parlement se considéra comme chargé, autant etplus que par le passé, de défendre ce qu’il appelaitl’ancienne constitution du royaume, contre lesréformes qu’on voulait y introduire.
Le jour où le Parlement recouvra sa puissance aété un jour funeste pour la France. Il n’était que