LËS ÉDITS DU i/ïü
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Sire, que dois-je faire? — Ne payez pas. » Le mi-nistre obéit.
Marie-Antoinette défendait avec passion ses favo-ris. Ce fut à propos d’une affaire qui concernait unami du duc de Choiscul, le comte de Guines, ambas-sadeur en Angleterre, qu’elle fit comprendre à Mau-repas l’intérêt qu’il avait à ne point se brouiller avecelle. Le secrétaire de ce diplomate réclamait à sonchef des sommes considérables qu’il avait été obligéde payer ou qu’il devait encore, pour des différencesde Bourse. Il prétendait avoir agi comme prête-nomde son ambassadeur, qui jouait, disait-il, à la Boursesur les secrets diplomatiques dont il avait connais-sance. Le comte de Guines sollicitait, pour se défen-dre, l’autorisation de produire devant les tribunauxquelques-unes de ses dépêches au roi, et le Conseilla lui avait refusée. Fort irritée de cette décision,la reine avait obtenu du roi l’autorisation que leConseil, à l’unanimité, n’avait pas cru pouvoir accor-der. On prétend que Maurcpas fut stupéfait de l’as-cendant exercé dans cette circonstance par la reinesur l’esprit du roi, et qu’il prit dès lors la résolutionde laisser Turgot à lui-même, de se désintéresserde ses réformes, et de le sacrifier, au besoin, pourrester en place.
Quoique averti des cabales qui s’agitaient autourde lui, Turgot ne laissait pas de poursuivre sonplan avec une grande activité, et, le 5 janvier 177G,il présentait au Conseil les six édits qui font sagloire, qu’il lit accepter par le roi après une discus-