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Turgot / par Léon Say
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LES ÉDITS DE 177 ()

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Turgot répond : « M. le garde des sceaux sembleici adopter le principe cpie, par la constitution delEtat, la noblesse doit être exemptée de toute impo-sition. Il semble même croire que cest un préjugéuniversel dangereux à choquer. Si ce préjugé estuniversel, il faut que je me sois étrangement trompésur la façon de penser de tout ce que jai vudhommes instruits dans tout le cours de ma vie;car je ne me rappelle aucune société cette idéeeût été regardée autrement que comme une pré-tention surannée et abandonnée par tous les genséclairés, même dans lordre de la noblesse.... Lesdépenses du gouvernement ayant pour objet lin-térêt de tous, tous doivent y contribuer; et plus onjouit des avantages de la société, plus on doit setenir honoré den partager les charges. 11 est diffi-cile que, sous ce point de vue, le privilège pécu-niaire de la noblesse paraisse juste. » Dans un autrepassage Turgot ajoute les réflexions qui suivent :« Une autre raison achève de rendre ce privilège etplus injuste et plus onéreux et en même temps moinsrespectable. Cest quau moyen de la facilité quona dacquérir la noblesse à prix dargent, il nestaucun homme riche qui sur-le-champ ne deviennenoble, en sorte que le corps des nobles comprendtout le corps des riches et que la cause du privilégiénest plus la cause des familles distinguées contreles roturiers, mais la cause du riche contre le pauvre.Les motifs quon pourrait avoir de respecter ceprivilège, sil eût été borné à la race des anciens