LES ÉDITS DE 177 ()
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Turgot répond : « M. le garde des sceaux sembleici adopter le principe cpie, par la constitution del’Etat, la noblesse doit être exemptée de toute impo-sition. Il semble même croire que c’est un préjugéuniversel dangereux à choquer. Si ce préjugé estuniversel, il faut que je me sois étrangement trompésur la façon de penser de tout ce que j’ai vud’hommes instruits dans tout le cours de ma vie;car je ne me rappelle aucune société où cette idéeeût été regardée autrement que comme une pré-tention surannée et abandonnée par tous les genséclairés, même dans l’ordre de la noblesse.... Lesdépenses du gouvernement ayant pour objet l’in-térêt de tous, tous doivent y contribuer; et plus onjouit des avantages de la société, plus on doit setenir honoré d’en partager les charges. 11 est diffi-cile que, sous ce point de vue, le privilège pécu-niaire de la noblesse paraisse juste. » Dans un autrepassage Turgot ajoute les réflexions qui suivent :« Une autre raison achève de rendre ce privilège etplus injuste et plus onéreux et en même temps moinsrespectable. C’est qu’au moyen de la facilité qu’ona d’acquérir la noblesse à prix d’argent, il n’estaucun homme riche qui sur-le-champ ne deviennenoble, en sorte que le corps des nobles comprendtout le corps des riches et que la cause du privilégién’est plus la cause des familles distinguées contreles roturiers, mais la cause du riche contre le pauvre.Les motifs qu’on pourrait avoir de respecter ceprivilège, s’il eût été borné à la race des anciens